Les jalousies lyonnaises ou « fenêtre à abat-jour » sont un système de volets orientables vers le haut ou le bas, composées de lames horizontales suspendues dans un système de chaînettes et de cordes.

Elles sont, depuis la fin du XVIIIème siècle, traditionnellement ornées d’un lambrequin dans lequel s’enroule une jalousie. Leur présence à Lyon est liée à l’héritage italien des siècles d’or de la ville durant la Renaissance.

Généralisées sur les immeubles du centre-ville lyonnais au XIXe siècle, elles sont jusqu’à présent toujours présentes dans les quartiers historique de la ville. Moins encombrantes que les volets, elles se sont révélées commodes pour régler la lumière, et permettre l’aération même pendant une pluie. Aujourd’hui, elles constituent une véritable identité architecturale locale. A ce titre, elles représentent un patrimoine précieux à conserver.

Autrefois, formées à partir de planches de sapin, les jalousies sont, en outre, de parfaits isolants contre la chaleur et le froid. Elles participent à l’harmonie des façades lyonnaises.

Leur caractéristique architecturale, tire leur origine de la Renaissance italienne, et ont ainsi plusieurs avantages :

– l’absence de volets permet un gain de place,

– les stores à lames orientables permettent de modifier la luminosité à l’intérieur de la pièce; ces mêmes lamelles permettaient d’épier ce qui se passait à l’extérieur sans être vu,

– les lames, à l’origine en bois de sapin ou bois exotique, apportent une bonne isolation, et

– elles permettent une aération même en cas de pluie, grâce à leur inclinaison vers le bas.

Aujourd’hui, elles sont disponibles en aluminium laqué. Placées devant les vitrages et occupant toute la largeur de la baie, elles font office de pare-soleil et de régulateur thermique. A Lyon, les jalousies sont le plus souvent complétées par des volets intérieurs en bois pour une occultation complète la nuit.

Elles ont même traversé l’Atlantique, en effet, un système de jalousie fut breveté le 26 novembre 1901 par Joseph W. Walker. Van Ellis Huff a souvent été cité, aux États-Unis, comme inventeur des jalousies modernes, en aluminium. Ces jalousies ont été installées en particulier dans les zones à climat chaud et humide des États-Unis, car elles permettaient de laisser les fenêtres et les portes ouvertes par temps de pluie. L’eau ne rentrant pas à l’intérieur grâce aux plans inclinés, tout en gardant une bonne aération de la maison.

Elles constituent un patrimoine dont on se préoccupe mieux depuis quelques années et dont la préservation est essentielle. Ainsi, lors de la mise en couleur des façades des quais du Rhône, de nombreuses Jalousies ont pu retrouver leur éclat. Notamment, celles sur les pentes de la Croix-Rousse.